Formation

Après une longue période autodidacte, partagée entre abstraction et paysage, j'ai suivi, entre 1991 et 1994, de nombreux cours à l'Atelier ARA : peinture en plein air, composition, couleur, abstrac-tion et géométrie. De 1993 à 2001, participation à de nombreux cours de dessin d'académie, à l'Atelier ARA et aux Arts Décoratifs.

Technique

Avant 1990, j'utilisais l'aquarelle et la gouache. Depuis je travaille essentiellement à l'acrylique. C'est une peinture que j'apprécie beaucoup, car tout en séchant plus vite que l'huile, elle est insolu-ble à l'eau une fois sèche, ce qui permet des glacis très variés. Surtout depuis mon ouverture à la sculpture, J'incorpore parfois d'autres matériaux à la peinture, entre autres des fragments de CD, des emballages, et des matériaux empruntés à la sculpture, tels que tiges, treillis, emballages divers.

Démarche

Entre 1994 et 1999, j'ai axé mon travail sur l'incorporation de codes et de trames à des thèmes utilisant le plus souvent le corps humain, dans l'esprit de provoquer un contraste, comme peut le faire une dissonance en musique. Petit à petit, ces tableaux sont devenus plus complexes, plus lyri-ques, plus figuratifs aussi. En 1999, j'ai éprouvé le besoin de reprendre le chemin de l'abstraction, avec des choses simples. J'ai pour ceci réduit mes moyens à trois lignes droites (ou deux lignes brisées) et trois couleurs, le noir, blanc et le rouge. Après avoir bien exploré les possibilités offertes par ces matériaux, je n'ai pas pu empêcher une courbe sinueuse de venir se glisser parmi les lignes droites. Je l'ai alors ac-ceptée, et j'ai continué l'exploration avec elle. En 2000, les lignes sont devenues tiges et les tableaux ont pris du relief. De là j'ai glissé presque naturellement vers la sculpture, pour moi un nouvel univers, dont l'exploration m'a éloigné de la peinture pendant quelque temps :
Mon premier voyage au pays de la sculpture
Mes premières sculptures étaient faites de tiges soudées. J'ai ensuite passé aux surfaces, en utilisant du treillis peint avec une armature de tiges. Le modelé des surfaces évoque souvent le mouvement. Enfin je suis arrivé aux volumes, avec des armatures en treillis plié, enveloppées de plastique ther-morétracté. Je suis toujours fasciné par les formes qui peuvent ainsi naître en partant d'un bout de treillis et d'un sac de plastique. Ces volumes évo-quent des formes organiques, voire humaines, et le plus souvent féminines.
Après ce premier voyage, qui a duré plus d'une année, j'ai éprouvé le besoin de peindre à nouveau. J'ai donc remis la suite des explorations sculpturales à une prochaine étape et j'ai repris la peinture, ceci depuis quelques mois. Dans ces derniers travaux, la palette de couleurs s'est un petit peu enri-chie elle aussi, avec l'arrivée du jaune, pur ou mélangé aux autres couleurs. Par contre le bleu, et par conséquent le vert, restent très rares. En même temps, j'ai recommencé à introduire des glacis, que j'avais abandonnés lors de ma période "minimaliste" dans laquelle je n'ai travaillé qu'avec des aplats.

J'ai la plupart du temps une idée assez précise du tableau que je vais faire, surtout de la forme, et j'affine ensuite cette idée de départ au moyen d'études préliminaires, avec des variantes de formes et de couleurs. Certains travaux sont plus spontanés, et s'élaborent au cours du travail. J'aime bien, lorsqu'une composition me plaît particulièrement, la décliner en plusieurs variantes, en utilisant soit des couleurs différentes soit des matériaux différents, comme pour la cerner.

J'ai récemment repris plusieurs tableaux qui m'avaient pendant longtemps parus inachevés, sans que je sache comment les terminer. Et tout à coup, ça me sautait aux yeux, et j'ai pu les terminer, ou en tous les cas les considérer comme terminés.

Mes compositions sont très souvent axées autour de deux pôles : une forme sombre, lourde, ter-reuse, assez grande, qui tient le tableau comme le socle tient la sculpture, et une petite forme rouge, souvent triangulaire, vive, un peu espiègle, qui aurait peut-être envie de s'envoler comme un papillon. J'ai remarqué dernièrement qu'il y a 10 ans environ, je faisais déjà des tableaux qui avaient une structure similaire.

Il y a donc deux possibilités: Soit je suis en train de tourner en rond, soit ça représente quelque chose d'important pour moi. J'ai décidé que la deuxième solution est la bonne et je vais continuer à développer ce sujet.

MS/mars 02